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Christine ANGOT

Née en 1959 à Châteauroux, Hautes-Alpes
Des études de droit et de langues la mènent à un DEA de Droit international public, un Deug d'anglais et une licence de Lettres Modernes.
Son premier roman, Vu du ciel, est publié par Gallimard en 1990 (réédition folio 2000). Suivent chez le même éditeur, Not to be (1991 puis folio 2000), Léonore, toujours (1994), puis chez Fayard, Interview en 1995 (puis Press-Pockett, 1997), Les Autres en 1997 (réédition en poche en 1998), et Sujet Angot en 1998 (repris en poche en 2000). Chez Stock, paraissent L'Inceste en 1999, Quitter la ville en 2000.
Christine Angot vient au théâtre avec Corps plongés dans un liquide. Une écriture sans complaisance autour d'une histoire d'inceste. "Au fond le seul moyen pour mettre à distance cette histoire qui est vraiment trop difficile à raconter, et bien c'est peut-être d'utiliser une forme que je ne connais pas du tout, qui est le théâtre (...)" (1) La pièce, sélectionnée en 1992 aux Journées d'auteurs du Théâtre des Célestins à Lyon est lue à cette occasion par Bruno Boëglin. Gérard Desarthe, qui avait repéré la pièce dès sa date d'écriture en 1990, la met en voix à Théâtre Ouvert en 1996. En 1992, il avait déjà donné en lecture à Théâtre Ouvert Nouvelle Vague, écho au premier texte, nouvelle écriture sur le thème de l'inceste, mais aussi du couple.
Viennent ensuite des textes écrits à la demande de gens de théâtre : Répondant à une commande de François Pesanti, elle participe à l'écriture de Conversation pièce, les gens sont formidables, créée au Théâtre des Bernardines à Marseille en 1993, pour Elisabeth Maccoco et la compagnie Maccoco-Lardenois, elle écrit L'Usage de la vie qui reçoit le prix Bernard Dort au concours de manuscrits de Maubeuge en 1996, et est créée par Dominique Lardenois à La Chartreuse en 1997, pour Yves Gourmelon, directeur du Chai du Terral, elle est l'auteur d'une brève, Même si, créée par Denis Lanoy en 1996, pour la chorégraphe Mathilde Monnier, elle écrit Normalement, créée en 1997 au Festival Montpellier-Danse. Corps plongés dans un liquide, Nouvelle Vague et l'Usage de la vie sont éditées par Fayard en 1997.
Boursière à deux reprises du Centre national des lettres (bourse d'encouragement en 1992 et bourse de création en 1996), elle reçoit également une bourse d'écriture de Beaumarchais en 1992 et est lauréate de la Villa Médicis Hors les Murs du ministère des Affaires étrangères en 1993. Elle a bénéficié d'une aide à l'écriture de la Direction du Théâtre et des Spectacles pour L'Usage de la vie.
"Je ne connais pas trop l'écriture théâtrale. Je lis beaucoup plus de romans. Mais je vais essayer de préciser ce qui m'intéresse au théâtre. Le roman, c'est l'intimité. Une personne intime, l'intimité d'une personne, l'intérieur d'une personne - il n'y a rien de plus intérieur que la voix - donc l'intérieur d'un autre corps. C'est très intime comme rapport. Un coeur à coeur. C'est plus intime que l'amitié, c'est proche de l'amour. Et dans le théâtre, là, on est en pleine société, et on va essayer, ce que je voudrais essayer, de parler comme dans un livre. (...)
Ce décalage qu'il y a avec l'acteur, c'est un peu la même chose dans le roman avec le décalage entre l'auteur et le narrateur. La profération n'enlève rien à l'intimité. Il y a une voix qui trahit tous les mouvements de l'être, qui ne peut rien cacher. L'intimité qui m'intéresse n'est pas forcément la mienne. Ce qui me paraît bien : emmener les gens dans un bateau, dans tous les sens du mot. Le vrai, le faux, peu importe, la seule chose qui importe, c'est la vérité littéraire. C'est aussi exprimer l'idée de la liberté. Plus il y a transgression, plus il y a de liberté. C'est ce que j'ai envie d'entendre aussi au théâtre. Qu'on puisse dire autant qu'on a en tête.(...)
Je n'ai pas envie de donner aux gens ce qu'ils attendent. Au théâtre ou dans la littérature. Plus les gens demandent des choses, plus il faut leur donner le contraire. Je crois qu'il faut être tout le temps dans le trouble, dans le doute. Etre tout le temps, tout le temps, tout le temps en train de douter. Sur le vrai, le faux... Se demander c'est quoi cette histoire ? Est-ce que c'est la comédienne ? Est-ce que c'est l'auteur ? Est-ce que c'est une parole entendue ? Est-ce que c'est une parole écrite ? Est-ce que ça se fait dans le temps du théâtre, dans le temps de l'écriture ? Et ce serait quand ce temps de l'écriture ? Est-ce que c'est ce soir pour moi spécialement ou est-ce que cela a été écrit pour quelqu'un d'autre il y a déjà longtemps ? Il y a un désir de vérité, mais qui serait d'une vérité littéraire. La littérature n'est pas une entreprise morale. La morale, ce ne serait vraiment pas le sujet de la littérature. C'est aussi pouvoir accueillir des histoires qui ne seraient pas la sienne, de pouvoir accueillir d'autres histoires. L'histoire de quelqu'un d'autre et qu'elle s'entremêle à la sienne ... (...)
De plus en plus ce qui me passionne, c'est le rythme, la musicalité. Cela va avec un refus de plus en plus grand de la métaphore. Surtout à partir de Léonore, toujours... Ce mur qui sépare la biographie, la fiction, j'ai le sentiment qu'il faut le mettre à nu le plus possible, enlever toutes les ornementations, les décorations inutiles - la métaphore, l'adjectif - et faire en sorte, en même temps, que ce mur devienne de plus en plus mince, que ce soit encore plus perturbant, que le doute soit encore plus fort. Mais ce mur, en même temps, j'y tiens, il faut qu'il reste là... (...)" (2).
(1) Extrait de Out of Nowhere, 1992
(2) Extrait d'une interview parue dans Les Cahiers de Prospero n° 7, mars 1996

 

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(2006) ++

La Place du singe (2005) ++
Normalement, (1997) ++
(1996) ++
L'Usage de la vie (1995) ++
Nouvelle Vague (1991) ++
(1989 - 1990) ++
La Fin de l'amour ++
 

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