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Yves LEBEAU

Né en 1945 à La Bernerie en Retz, Loire-Atlantique
Acteur sous le nom d'Yves Fabrice (ENSATT et Conservatoire National d'Art Dramatique de 1969 à 1971), il a joué dans de nombreux spectacles dans des mises en scène entre autres de Guy Lauzun, Jean-Pierre Miquel, Michel Berto, Jean-Louis Thamin, Jean-Louis Martin Barbaz, Annie Sinigalia.
Auteur d'une quinzaine de pièces dont Comptine (Jean-Luc Boutté, Petit Odéon, 1982), Homme avec femme, arbre et enfant (Yves Gourmelon, Théâtre du Quotidien, 1983, Jacques Baillon, Petit-Odéon, 1984), Lui (mise en scène de l'auteur, Théâtre national de l'Odéon, 1985), Le Chant de la baleine abandonnée (Solange Oswald, Centre National des Ecritures du Spectacle-La Chartreuse, 1992), Dessin d'une aube à l'encre noire (Yves Gourmelon, La Chartreuse, 1995) etc. Edité par Théâtrales et Actes Sud-Papiers, il reçoit le prix Paul Gilson 1981 (Radio France), le prix des talents nouveaux de la SACD en 1984, le prix Radio de la SACD en 1991 pour l'ensemble de son oeuvre et est sélectionné au prix Italia en 1980 et 1982. Il est également l'auteur d'adaptations diffusées sur France Culture : Lavinia de Georges Sand (1986), Jacques le Fataliste de Diderot, Le Jardin des Passions d'après Le Calvaire de Mirbeau (1991), Le Jardin des Monstres d'après l'oeuvre de Mirbeau (1991). Il est par ailleurs lecteur aux éditions Théâtrales.
"Monté" à Paris, j'entre en 68 au Grand Conservatoire. Avec ivresse, avec fierté et le même jour qu'Antoine Vitez. Il est le maître, je suis élève. A n'en pas douter l'événement est chez lui. Mais sa froide intelligence glace ma timidité. "Passer une scène" devant lui ? Jamais je n'oserai... Je resterai, de ses cours, un espion avide. Trois années de plénitude où je crois tout apprendre. A la tête de ce conservatoire, un homme éclairé des anciens âges : Pierre-Aimé Touchard... Mes partenaires d'alors ? Baye, Boutté, Deschamps, Dussolier, Huster, Weber, Mesguish, Villeret... que d'itinéraires pour chacun d'entre nous, depuis... Hors études, je rencontre les Serreau. (...) Cette année 68, où nous occupons l'école de la Rue Blanche, notre idée est de partir sur les routes -"opération chariot"- porter le théâtre au public populaire à la conquête duquel Jean Vilar s'est usé.(..)
En scène, je mesure mon privilège et mes devoirs. Ne pas décevoir... Mais ce trac! (...) La peur de l'acteur hypothèque le plaisir du public, je le sens. Eh quoi, au théâtre on ne joue pas sa vie, on joue la vie ! Nommer cette tension ne me sert de rien. Il faut attendre... Affaire de légitimité.(...)
Au public ? Se donner. Oser flancher devant lui qu'il applaudisse son plaisir. Plus la chair de l'acteur est lourde, trempée de sueur, pétrie d'ambiguïté, plus il est homme et femme... plus la salle salive. Jeux du cirque. Debout dans la lumière, il faut rêver pour eux ce qu'ils ne s'autorisent pas à rêver. C'est cette place, conquise de rôle en rôle, qui m'offre, je crois, au moment de passer à l'écrit une phrase-vecteur (Jouer pour / Ecrire pour) inscrite déjà dans les muscles, au fond de la gorge... Je ne passe jamais une réplique au gueuloir. Elle me vient pré-gueulée, dans une drôle de mémoire "en situation".
Vers 35 ans, hasard des hasards, j'écris. Ca plaît. On m'aime donc ? Je suis auteur. J'écris ce que je ne sais pas taire. Sans thème, sans volonté, sans synopsis, sans intelligence philosophique ou politique... en aveugle, sans savoir, en apesanteur, en déséquilibre avant, au présent de l'instant. Ce que je viens de dire précédemment est aboli (Mes incohérences, je les règle après coup) je laisse errer mes dialogues, comme l'acteur laisse errer son rôle en lui, irresponsable...
Le dénouement que j'ignore, la ligne d'encre me l'invente. J'écris en a-mémoire... Quoi ? L'envers douteux de moi-même, ce qui cale la vie en lisière de la folie. Et reviennent, des Pères taiseux, des Mères clownesques, des enfants-monstres, des désirs non communicants... Désir, désir, désir. La Soif, ce doit être mon thème. Savoir l'Autre (quête éperdue) le dévorer. Y entrer par effraction... "A quoi tu penses ?" L'interrogation impossible ! Ici, naît le théâtre. A moins que ce ne soit de la contemplation d'un feu de bois ! Rituels ! Urgences ! Je ne me mets jamais au travail que sous l'emprise d'une émotion qui me balaye la tête, dynamite ma paresse. Toujours le même labeur... Un premier jet de cent, deux cents pages, jeté en quarante-huit heures. Puis c'est le travail effectif sur la matière brute qui dure deux ou trois trimestres. Au bout du compte, rarement plus de dix minutes de "théâtre fini" en un mois. Epanchement/Grattage. Aveuglement/Critique. Se faire joie/Se faire mal. Cesser le polissage avant que les formes originelles ne s'estompent !... Ma responsabilité prend fin au manuscrit offert... que le livre fige.(...)"

 


adaptation
Le Jardin des passions (1991) ++
Le Jardin des monstres (1991) ++
Jacques le Fataliste (1989) ++
Lavinia (1986) ++

théâtre
On fait comme ça (2001) ++
C'est toi qui dis... C'est toi qui l'es (1998 - 2000) ++
A la folie (1998 - 2000) ++
C'est toi qui dis, c'est toi qui l'es (tome 2) (1998) ++
Leçons d'amour (1997) ++
Blanc Anthracite (1994) ++
Dialogues à perte d'amour (1993) ++
Le Rire d'Alexandre ou La Vengeance du Phyloquasicollus (1993) ++
Dessin d'une aube à l'encre noire (1990) ++
Le Chant de la baleine abandonnée (1989) ++
Pas de deux (1986) ++
Les Buveuses de pluie (1985) ++
Fraternité (1985) ++
Dessin d'une aube à l'encre rouge ou Le Grand Oral de Barbe-Bleue (1985) ++
Etude (1985) ++
La Nef (1985) ++
La Crieuse (1984) ++
Jules (1983 - 1984) ++
Lui (1983 - 1984) ++
Clovis (1983 - 1984) ++
Petites Noces (1982) ++
Eurêka (1980) ++
Comptine (1980 - 1981) ++
Homme avec femme, arbre et enfant (1980 - 1981) ++
Chair Chérie (1980 - 1981) ++
Bibi le Kid (1980) ++
La Grande (1979) ++
Une Maison sous les draps de lin (1978) ++
Bibi le Kid (1977) ++
Waff or not waff ? ++
 

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