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Matéi VISNIEC

Né en 1956 à Radauti, Roumanie
Après des études d'histoire et de philosophie à Bucarest, Matéï Visniec enseigne de 1980 à 1987.
Poète et écrivain, il est confronté à cette situation paradoxale de pouvoir publier ses recueils de poésie et de recevoir en 1984 le prix de l'Union des écrivains roumains pour le meilleur livre de poésie de l'année (Le Sage à l'heure du thé), et de voir ses pièces de théâtre censurées, diffusées en secret en samizdat. Entre 1977 et 1987, il écrit en effet une vingtaine de pièces qui empruntent la forme de la parabole ironique, de l'allégorie grotesque, de la féerie macabre.
En septembre 1987, alors qu'il est en France, invité par la Fondation pour une entraide intellectuelle européenne, à Bucarest sa pièce Les Chevaux à la Fenêtre est interdite un jour avant la première. Matéï Visniec s'installe alors en France et demande l'asile politique. Il est naturalisé français en 1993.
De 1989 à 1990, il rédige un mémoire de DEA au sein de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales sur La Résistance culturelle en Europe de l'Est sous les régimes communistes. Il travaille comme journaliste à Radio France Internationale et commence à écrire directement en français en 1991. Cette même année, Les Chevaux à la Fenêtre est sélectionnée par le jury des "Journées d'Auteurs" du Théâtre des Célestins de Lyon et est créée en 1992 par la compagnie du Jodel dans une mise en scène de Pascal Papini. A Lyon toujours, Philippe Clément met en scène Personne n'a le droit de traîner sans arme sur un champ de bataille au Conservatoire d'Art Dramatique.
L'année suivante, l'auteur est présent au Festival d'Avignon off avec Du Pain, plein les poches dans une création de la compagnie Pli Urgent avec Christian Auger et Rémi Rauzier (texte édité par la compagnie), et avec Les Partitions frauduleuses dans une mise en scène de Philippe Clément. Il est sélectionné à deux reprises au concours de Radio France Internationale : en 1993, il obtient le prix du "Théâtre vivant" pour le spectacle Théâtre décomposé (programmé au Festival International des Francophonies en Limousin 1994) puis le grand prix SACD du théâtre radiophonique pour L'Histoire des ours panda racontée par un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort, en 1994 (texte édité puis créé par la compagnie Pli Urgent). La même année Beaumarchais lui attribue une bourse d'aide à l'écriture pour Trois Nuits avec Madox (publiée aux éditions Lansman). En 1993, il débute sur une scène parisienne au Théâtre du Guichet Montparnasse avec C'est la faute à personne (version à cinq personnages de la pièce Du Pain, plein les poches) mis en scène par Alain Vérane. Suivent les créations de On mourrira jamais au Théâtre Renaud-Barrault dans une mise en scène d'Alexandre Tocilescu puis de Trois Nuits avec Madox au Théâtre du Guichet Montparnasse par Alain Vérane. Il est également l'auteur de Cils interdits pendant la nuit, Paparazzi ou La Chronique d'un lever de soleil avorté, Comment pourrais-je être un oiseau?, La femme comme champ de bataille, Lettres aux arbres et aux nuages, L'Histoire du communisme racontée aux malades mentaux.
En Roumanie, depuis le renversement de la dictature en décembre 1989, les pièces de Matéï Visniec ont connu une trentaine de mises en scène à Bucarest et dans les plus grandes villes du pays, ainsi qu'à la radio et à la télévision roumaine. Il a reçu le prix de l'Union des gens de théâtre roumains pour Petits boulots pour vieux clown (1991), celui de l'Union des écrivains roumains pour la dramaturgie (1992 et en 1997), et enfin le prix Horia Lovinescu pour la dramaturgie, décerné par la revue Théâtre aujourd'hui et le Groupe des Sociétés GLOBR (1994).
Ses pièces ont aussi été jouées en Allemagne, en Belgique, aux Etats-Unis, en Hollande, en Hongrie, dans la République de la Moldavie, et aussi en Finlande, au Canada, en Russie, en Ukraine en Pologne et au Maroc.
"J'ai commencé à utiliser le français d'une façon active seulement une fois arrivé en France, donc à l'âge de 31 ans. C'est un peu tard, quand même. Quand on a plus de trente ans et qu'on décide de plonger dans une autre langue, il reste peut-être assez de temps pour explorer ses eaux de surface, mais rarement ses eaux profondes... Or, la littérature se cache d'habitude dans les profondeurs de la langue. Dans un espace qui reste interdit à ceux qui ne sont pas nés dans et du magma linguistique même de cet espace. Voilà donc mon problème. Tous les jours, je respire profondément l'air de cette aventure que j'ai choisi délibérément, j'en remplis mes poumons jusqu'à la dernière alvéole et je plonge dans l'inconnu, dans les eaux profondes de la langue française... pour remonter ensuite avec deux, trois perles que je m'approprie comme des révélations tandis que pour tant de gens nés dans ce pays elles ne sont que des pierres ordinaires. Ce n'est pas facile, mais c'est fascinant. Pourquoi j'ai choisi cette aventure ? Pour avoir du nouveau, dans mon âme, le goût de la naissance. D'une deuxième naissance. D'ailleurs mon écriture d'aujourd'hui raconte en grande partie cette expérience. Et ma lutte, très souvent aveugle avec la langue française, avec les strates de plus en plus profondes de la langue française, est racontée indirectement par le style très simple, très direct et dépouillé que j'ai adopté (ou que j'ai été obligé d'adopter).
(...) Pendant des années et des années, en Roumanie, mon écriture a été imprégnée par une certaine attitude politique. Et quand je dis attitude politique, il faut lire protestation, critique sociale, ironie, etc. Mais je n'ai jamais oublié, même à l'époque où l'urgence était de miner le système totalitaire, qu'une page de théâtre ou de roman doit, avant tout, avoir une valeur universelle et une valeur littéraire. (...) Si maintenant mon écriture est plus axée sur l'homme que la société, si mon théâtre est devenu plutôt une réflexion sur les étoiles que sur le sol (si je parle, donc, plutôt des limites de l'homme en tant qu'être que des limites de l'homme en tant qu'individu social), ce n'est pas parce ce que je me sens maintenant sans adversaire. Chez moi l'obsession céleste est ancienne, et le fait que pendant toute mon adolescence (et ensuite pendant mes dix premières années de maturité) j'ai dû lutter contre le sol (le sol corrompu et sali par la stupidité, la méchanceté et la bêtise humaine) ne veut pas dire que je n'ai pas regardé les étoiles. Mais il y avait une urgence, celle de dire NON au monde où je vivais. Maintenant, pour moi, c'est urgent d'écrire sur le ciel, autrement dit sur les rapports pervers entre l'homme et la mort, entre l'homme et l'immortalité, l'homme et l'amour, l'homme et la solitude de son être. (...)"
Extrait d'une interview entre Matéï Visniec et Christian Auger. La Chartreuse, Villeneuve lez Avignon, juillet 1994.

 

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Les Détours Cioran ou Mansarde à Paris avec vue (2004) ++
La Machine Tchekhov (2000) ++
L'Histoire du communisme racontée aux malades mentaux ou Quelques cris dans la cité idéale (1998) ++
Comment pourrais-je être un oiseau ? (1996) ++
La Femme comme champ de bataille (1996) ++
Lettres aux arbres et aux nuages (1996) ++
Cils interdits pendant la nuit (1995) ++
Paparazzi ou la chronique d'un lever de soleil avorté (1995) ++
Trois Nuits avec Madox (1994) ++
Les Partitions frauduleuses (1993) ++
Hécatombéon (1993) ++
Personne n'a le droit de traîner sans armes sur un champ de bataille (1992) ++
Le Marchand de temps (1992) ++
Théâtre décomposé (1992) ++
L'Histoire des ours Panda racontée par un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort (1992 - 1993) ++
Zappeurs d'hommes (1990) ++
Mais qu'est-ce qu'on fait du violoncelle ? (1990) ++
Le Trou (1988) ++
Le Dernier Godot (1987) ++
L'Araignée dans la plaie (1987) ++
Petit boulot pour vieux clown (1987 - 1988) ++
Les Chevaux à la fenêtre (1986) ++
Le Deuxième Tilleul à gauche (1986) ++
Le Spectateur condamné à mort (1985) ++
Du Pain plein les poches (1984) ++
Entre toujours et jamais (1983) ++
Le Souffleur de la peur (1978) ++
La Porte (1976) ++
Le Roi, le rat et le fou du Roi ++
Attention aux vieilles dames rongées par la solitude ++
 

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