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Michel VINAVER

Né en 1927 à Paris
Né de parents originaires de Russie, Michel Vinaver suit ses études secondaires aussi bien à Paris, à Cusset, à Annecy qu'à New-York. En 1944-45, à 17 ans, il est engagé volontaire dans l'armée française. Il obtient en 1946 le diplôme de "Bachelor of Art" à Wesleyan University, Middletown, Connecticut, y ayant poursuivi des études de littérature anglaise et américaine. Il abandonne en cours de route un mémoire sur l'écriture de Kafka pour écrire des nouvelles.
En 1947, il traduit The Waste Land de T.S. Eliot avant d'écrire un roman, Lataume, que Camus fait publier chez Gallimard. Chez le même éditeur paraît en 1950, L'Objecteur, inspiré de son expérience de l'armée et de la guerre froide, et honoré du prix Fénéon.
Après une licence libre de Lettres à la Sorbonne, il est embauché en 1953 comme cadre stagiaire dans la Société Gillette France à Annecy. Trois mois plus tard, il est nommé chef du service administratif.
C'est en 1955 qu'il vient au théâtre. Gabriel Monnet, qui dirige à Annecy un stage national d'art dramatique amateur, lui commande une pièce. Michel Vinaver écrit Les Coréens. Mais Gabriel Monnet doit renoncer à mettre en scène Les Coréens, interdite par le Ministère de la Jeunesse et des Sports dont il dépend. La pièce est créée successivement par Roger Planchon à Lyon en 1956 et par Jean-Marie Serreau en 1957 à Paris : cette double création connaît un certain retentissement : alors que la presse de droite et ou traditionaliste se répand en imprécations, le reste de la presse salue la naissance d'un auteur dramatique qui pourrait prendre la relève de Beckett, Adamov, Ionesco... Pourtant, malgré le succès des Coréens, les deux pièces écrites dans la foulée, Les Huissiers et Iphigénie-Hôtel attendent, l'une 23 ans, l'autre 18 ans avant d'être créées respectivement par Gilles Chavassieux à Lyon et par Antoine Vitez à Paris. En 1958, Michel Vinaver adapte, sur commande de Jean Vilar pour le TNP, La Fête du cordonnier de Thomas Dekker. La pièce est représentée au Théâtre National du Palais de Chaillot en 1959 dans une régie de Georges Wilson.
Suit, de 1959 à 1969, une période de silence littéraire. Il ne cesse en revanche de progresser au sein de la société Gillette et de développer des politiques audacieuses de marketing, une technique alors toute nouvelle en Europe. Nommé PDG de Gillette Belgique (40 employés), il est promu PDG de Gillette Italie en 1964 (300 employés), puis PDG de Gillette France (1000 employés). Il lance entre autres la crème à raser, la lotion après rasage, le rasoir techmatic, la lame Gillette Bleue Extra...
En 1969, il revient à l'écriture avec Par-dessus bord (pièce à 60 personnages, 25 lieux, et correspondant à 7 heures de représentation) que Roger Planchon met en scène dans une version abrégée en 1973 et Charles Joris dans la version intégrale en 1983. Le monde du travail fournit la matière première de cette pièce comme plus tard dans La Demande d'emploi, Les Travaux et les jours ou A la renverse.
De 1969 à 1980, il s'illustre à nouveau dans sa carrière d'entrepreneur en négociant l'acquisition de la société S.T. Dupont par Gillette. Il est président de cette société pendant 8 ans, est à l'origine des instruments à écrire S.T. Dupont et étend le marketing des briquets jetables Cricket à tous les marchés occidentaux. Il devient ensuite délégué général pour l'Europe du groupe Gillette.
Après une incursion dans le monde de la littérature pour enfants avec la publication en Castor Poche des Histoires de Rosalie en 1971, commence une période d'intense activité dans l'écriture dramatique : il écrit La Demande d'emploi, créée en 1973 par Jean-Pierre Dougnac, puis en 1976, ce sont successivement Dissident, il va sans dire et Nina, c'est autre chose, créées dans un même spectacle, sous le titre Théâtre de Chambre par Jacques Lassalle dans des décors et des costumes de Yannis Kokkos au Théâtre de l'Est Parisien en 1978, (Prix Lugné-Poe et prix de la meilleure création française décerné par le Syndicat de la Critique). Suivent l'écriture en 1977 de Les Travaux et les jours créée en 1979 par Alain Françon dans un décor d'Ernest Pignon-Ernest, puis celle de A la renverse en 1979 créée par Jacques Lassalle en 1980 dans une scénographie et des costumes de Yannis Kokkos, et celle de L'Ordinaire en 1981 pour laquelle il collabore à la mise en scène avec Alain Françon au Théâtre national de Chaillot (1983).
Il traduit également du russe Le Suicidé de Nicolaï Erdman et Les Estivants de Gorki pour la Comédie-Française dans des mises en scène de Jean-Pierre Vincent et de Jacques Lassalle.
Dans les années 80, il quitte Gillette et les affaires et prend un rôle actif dans la réflexion autour de l'écriture dramatique et de l'acte théâtral. Il publie Ecrits sur le théâtre (Ed. de l'Aire, 1982), devient professeur associé à l'Institut d'Etudes Théâtrales de Paris III, crée au sein du Centre national des lettres une commission Théâtre dont il assure la présidence durant 4 ans et engage une enquête sur l'état de l'édition théâtrale publiée par Actes Sud sous le titre : Le Compte-rendu d'Avignon. Des mille maux dont souffre l'édition théâtrale et des trente-sept remèdes pour l'en soulager.
De 1987 à 1991, il est professeur d'études théâtrales à l'université de Paris VIII et lance chez Actes Sud en 1992 la collection "Répliques" qui publie le texte intégral de pièces classiques ou contemporaines accompagné d'un important dossier pédagogique et dramaturgique. Il publie également dans la même collection Ecritures dramatiques (1993), ouvrage théorique réunissant 28 analyses d'oeuvres théâtrales issues du séminaire qu'il a conduit entre 1982 et 1991 aux universités de Paris III et Paris VIII. Entre temps, il écrit Les Voisins en 1984 (Alain Françon, scénographie Yannis Kokkos, 1986), et Portrait d'une femme (création mondiale en traduction anglaise en 1995). Viennent ensuite L'Emission de télévision (Jacques Lassalle, Yannis Kokkos, 1990), Le Dernier Sursaut (Michel Didym, 1993), King (Alain Françon, 1999), L'Objecteur (Yannis Kokkos, 2003), 11 septembre 2001. Il traduit Jules César de Shakespeare (Claude Stratz, 1990) et Le Temps et la chambre de Botho Strauss ( P. Chéreau, 1991). Quelques grandes re-créations avec LesTravaux et les jours par Anne-Marie Lazarini en 2001, Les Voisins par Alain Françon en 2002, Nina, c'est autre chose par Gilles Chavassieux et Philippe Mangenot en 2002 (chantier).
En 1986, l'ensemble de ses pièces jusqu'alors publiées par Gallimard, l'Arche, l'Aire et la revue Théâtre Populaire paraît chez Actes Sud dans une édition complète en deux volumes. Une réédition, en collaboration avec l'Arche est en cours (trois volumes déjà parus).Ses pièces sont en outre traduites dans de nombreuses langues. Un recueil de quatre de ses pièces en traduction italienne est publié chez Costa e Nolan en 1984. Methuen publie en 1997 un recueil de neuf de ses pièces en traduction anglaise.
"Les douze pièces strient un seul et même territoire qui est celui de la banalité. Tout le travail consiste à remuer, au moyen de l'écriture dramatique, cette matière indistincte, l'enjeu étant que se constituent des éléments saisissables de "paysage". Besoin d'un paysage pour s'y reconnaître, se positionner, échapper au magma. Faute de pouvoir aujourd'hui s'insérer dans un système intelligible du monde, faute de pouvoir s'accorder à une représentation globale du réel, il reste la possibilité et le besoin de poser des repères, fussent-ils précaires et mouvants, et même si leur appréhension demeure parcellaire. Pour ce faire, il faut partir non pas d'idées ou d'images préexistantes, mais du magma lui-même, c'est-à-dire de l'aléatoire et de l'insignifiant. Telle qu'elle est pratiquée dans les douze pièces, l'écriture est une activité de recherche, elle vise à connaître, et non à exposer ou illustrer ce qui serait déjà connu. Elle est outil de défrichage et de liage. Elle procède par établissement de connections entre les éléments disparates. Les stries se tracent et peu à peu réduisent l'état initial d'indistinction. Il y a une poussée vers le sens. Aucune pièce ne se boucle sur le sens. Mais du début à la fin de chaque pièce, et d'une pièce à l'autre, se creusent des galeries de sens à communications multiples, se disposent des croisements, des carrefours, qui participent d'un aménagement du territoire.
On comprendra qu'aucune des douze pièces ne se propose de raconter une histoire. En même temps, chacune d'elles finit par ne pas faire autre chose que de raconter une histoire. L'écriture aura été la poussée vers une histoire."
Extrait de Mémoires sur mes travaux in Les Cahiers de Prospero n°8, juillet 96.

 

adaptation | livret | théâtre | traduction | 

adaptation
Les Troyennes (2002) ++

livret
11 septembre 2001 (2001) ++

théâtre
L'Objecteur (2000) ++
King (1998) ++
L'Emission de télévision (1988) ++
Le Dernier Sursaut (1988) ++
Les Voisins (1984) ++
Portrait d'une femme (1984) ++
L'Ordinaire (1981) ++
A la renverse (1979) ++
Les Travaux et les jours (1977) ++
Dissident, il va sans dire (1976) ++
Nina, c'est autre chose (1976) ++
La Demande d'emploi (1971) ++
Par-dessus bord (1967 - 1969) ++
Iphigénie Hôtel (1959) ++
Les Huissiers (1957) ++
Les Coréens (1955) ++
Aujourd'hui ou les coréens (1955) ++

traduction
Viol (2005) ++
Le Temps et la chambre (1991) ++
Jules César (1990) ++
Les Estivants (1982) ++
Le Suicidé (1980) ++
La Fête du cordonnier (1958) ++
 

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