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Eric WESTPHAL

Né en 1929 à Montpellier
Sa carrière s'est partagée entre le journalisme, la fonction publique et l'écriture.
Lycéen, ses premières expériences de spectateur (notamment Charles Dullin dans L'Avare ou des mises en scène de Jean Dasté) lui donnent le goût du théâtre. Muni de son baccalauréat de philosophie, il travaille en 1952 dans une librairie ancienne tout en suivant des cours d'art dramatique. Après son échec au concours d'entrée de l'école de la rue Blanche, il abandonne tout projet de devenir comédien.
En 1953, journaliste à "Réforme", "La Table Ronde", "France-Soir", il rencontre Jean Monnet qui vient d'être nommé Président de la Communauté européenne du charbon et de l'Acier et devient son secrétaire particulier.
"La personnalité fascinante de l'homme, l'enjeu de l'action qu'il avait à mener pour commencer la construction d'une Europe unie, me décidèrent. et le théâtre disparut de mon horizon pendant plusieurs années !" A la démission de Jean Monnet en 1955, Eric Westphal revient au journalisme, d'abord au "Monde" puis au Service Français de la BBC à Londres où il est également le premier correspondant permanent d'Europe n°1. Rappelé par Jean Monnet en 1957, il part l'année suivante en Algérie comme chargé de mission au cabinet de Paul Delouvrier, délégué général du gouvernement en Algérie. En 1961, de retour à Paris, il se retrouve au Ministère des Affaires économiques avant d'être chargé de mission à la délégation générale du district de la région parisienne où il assume la responsabilité des affaires culturelles. Les fonctions administratives rejoignent soudain sa vocation première.
Il a en effet commencé à écrire mais c'est avec La Courtisane de Gênes qu'il débute réellement, d'abord sur France Culture. "Je soumis le texte de La Courtisane de Gênes à Pierre-Aimé Touchard, qui le recommanda à la Comédie-Française, et celle-ci l'inscrit, en juillet 63, au programme de ses émissions radiophoniques. J'eus notamment pour interprètes, Louis Seigner, Micheline Boudet et Catherine Samie. Une chance pour un débutant."
Suit un séjour d'un an aux Etats-Unis grâce à une bourse de l'université Harvard, puis deux nouvelles années aux côtés de Jean Monnet qu'il quitte pour écrire, mais cette fois un roman, La Manifestation, qui paraît chez Gallimard en 1967 et obtient en 1968 le prix Vaillant-Couturier. "Ma décision est venue de la conscience que j'aie eue que j'allais peut-être devenir un haut fonctionnaire, mais qu'à sacrifier l'écriture, je manquerais ce qui était pour moi le plus important, et que je ne serais pas heureux. Pour des raisons matérielles, je demandais toutefois à Paul Delouvrier un petit poste où je pourrais mener parallèlement mon travail d'écrivain. Je me retrouvai au service culturel de ce qui est aujourd'hui la Préfecture de la région d'Ile de France. Si je suis parvenu ainsi à concilier à peu près écriture et fonction, il n'en reste pas moins qu'une sorte de course s'est établie entre les deux et que j'ai ressenti difficilement les choix que je devais faire sans cesse selon les nécessités de l'une et l'autre."
En 1968, une autre pièce radiophonique , Le Temps de payer est réalisée sur France Culture mais ce n'est qu'en 1971 qu'est créée Toi et tes nuages, sa première pièce à être jouée au théâtre (à l'Athénée) dans une mise en scène de Roland Monod avec Anna Karina et Eléonore Hirt. Elle obtient un grand succès : prix des "U" 1971, elle a été reprise depuis plus d'une centaine de fois en France et à l'étranger. Karen Arthur à Hollywood en tire un film fantastique, The Mafu Cage (1977). Dès lors se succèdent près d'une vingtaine de pièces créées au théâtre, à la radio, à la télévision dont Pollufission 2000 (André Reybaz, Comédie-Française, Petit Odéon, 1971), Bactéries Blues (Gérard Sanvoisin, Le Fanal, 1973), Mozartement vôtre (Daniel Leveugle, Festival du Marais, 1975, réalisée à Antenne 2 en 1980), Le Naufrage (Roland Monod, Petit Odéon, 1977), Un Parfum de miel (Georges Vitaly, Lucernaire, 1982, réalisée à TF1 en 1984), Outrage aux bonnes moeurs (Jean-Louis Martin-Barbaz, CDN du Nord-Pas de Calais, 1983), Les petits gros n'ont peur de rien (Eléonore Cramer, France Culture, 1984), Le Caillou blanc (Jean-Daniel Laval, Théâtre Essaïon, 1990), etc. Il est également l'auteur d'une adaptation de William Shakespeare : Tout est bien qui finit bien (Bernard Sancy, La Coupole de Melun-Sénart, 1989).
Ses pièces ont été souvent traduites à l'étranger et sont éditées par La Librairie Théâtrale, Gallimard, L'Avant-Scène Théâtre et Actes Sud-Papiers. En 1983, il obtient le prix Courteline de la SACD pour l'ensemble de son oeuvre. Il a par ailleurs publié chez Buchet Chastel en 1972 une bande dessinée (texte et graphisme).
L'oeuvre d'Eric Westphal est d'une grande diversité de tons et de sujets : "Dans la lignée de Toi et tes nuages, on peut citer Le Caillou blanc et Le Naufrage, une pièce sur la mort des enfants. Je suis fils de pasteur et j'ai été marqué par l'éducation protestante, d'où les interrogations religieuses. Un Parfum de miel répondait à une autre de mes grandes questions : comment peut-on changer de vie d'un jour à l'autre ? J'ai fait aussi beaucoup de satires. Certaines comiques comme Armistice au Pont de Grenelle et Bactéries Blues, d'autres sur des sujets qui m'importent comme la pollution. Dernier courant satirique, enfin, le "courant musical" avec Mozartement vôtre et Un Eléphant dans le jardin où je me moque gentiment des musiciens (...) Là, c'est une expérience vécue de l'intérieur puisque j'ai pratiqué la musique de chambre toute ma vie, avec des amis, et qu'elle m'a toujours apporté une joie profonde et conviviale." Sa vie professionnelle a également inspiré un certain nombre de pièces où les personnages, témoins de notre temps, sont bien ancrés dans une réalité socio-économique : De tout pour faire un monde ? (le désarmenent), Le Temps de payer (le racisme), Jus de Framboise (la justice), Pour solde de tout compte (le chômage) etc.
En 1976, il est conseiller technique à titre officieux au cabinet de Françoise Giroux, secrétaire d'Etat à la Culture, puis à partir de 1978, inspecteur général des spectacles à la direction du théâtre et des spectacles. Depuis sa retraite en janvier 1992, Eric Westphal continue à écrire pour le théâtre.
En 1995, il devient membre du Conseil économique et social d'Ile de France au titre de la culture.
Eric Westphal est chevalier de la Légion d'honneur et officier des Arts et Lettres.
D'après Paul-Louis Mignon : "Le Théâtre de A jusqu'à Z" Avant-Scène Théâtre, n°631 et Monique Sueur : "Eric Westphal : un auteur protéiforme" Avant-Scène théâtre n°855, oct 1989.

 

adaptation | théâtre | 

adaptation
Tout est bien qui finit bien (1988) ++

théâtre
Un Eléphant dans le jardin (1987) ++
Jus de framboise (1986) ++
Pour solde de tout compte (1985) ++
Les Petits Gros n'ont peur de rien (1983) ++
Un Regard en arrière (1981) ++
Un Parfum de miel (1980) ++
Raison d'amour (1979) ++
Le Naufrage (1977) ++
Outrage aux bonnes moeurs (1974) ++
Jupiter ou l'axiome culturel (1973) ++
Bactéries Blues (1972) ++
Mozartement vôtre (1972) ++
Armistice au pont de Grenelle (1972) ++
Pollufission 2000 (1971) ++
Le Caillou blanc (1971) ++
Toi et tes nuages (1969) ++
De tout pour faire un monde ? (1968) ++
Le Temps de payer (1965) ++
Les Flammes seront froides (1964) ++
Coeur à crédit (1963) ++
La Courtisane de Gênes (1957) ++
 

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