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Jocelyne SAUVARD

Née en 1947 à Paris
Jocelyne Sauvard a une formation de lettres modernes, de chinois et de littérature américaine. Elle a exercé différents métiers, notamment dans la photographie, l'enseignement et la publicité.
Elle a collaboré à l'Evénement du Jeudi, Femme Actuelle, Afrique-Asie, Rolling Stone, A Suivre... et à des magazines pour la radio. Mais sa passion reste l'écriture.
Comme romancière, elle a écrit Contes sous la lune (Milan, 1993), Quinze ans, la mort au bout du couloir (Syros, 1993), Le Ballon de Yacine (L'Harmattan, 1994), Brûlures (Desclée de Brower, 1997, épuisé), La Nuit du rappeur (Baleine, 1998), Vagues à Biarritz (Syros, 1999), Le Clone noir (Syros, 1999), D'Alex à Lise (Baleine, 1999).
Pour le théâtre, elle est l'auteur de Chambre Noire (Dumerchez, 1994), créée au Théâtre116 à Lyon en 1993 et diffusée sur la radio Suisse Romande, Matèré (L'Harmattan, 1995), lue au Théâtre Essaïon en 1996, La Grande Nuit (1996), une adaptation de son roman La Nuit du rappeur, Lethal romance (L'Harmattan, 1998), diffusée sur France Culture en 1996, lue à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon en juillet 1999, et pour laquelle elle a obtenu l'aide à la création de la DMDTS et une bourse de Beaumarchais, Vinz et Bella (1998), Georges et Ludmila (1999).
Elle a également écrit deux pièces en direction du jeune public : Les astuces de Guenièvre et Mozart a disparu publiées dans le recueil "Pièces policières" (Retz, 1997).
Elle dirige actuellement des ateliers d'écriture, écrit des scénarios pour le cinéma et un roman.
Pour la petite notice, vit à Paris - autant dire un pays, parcouru, imbriqué à l'écriture, surtout quand il est caché - ne suffira pas. Alors, allons y.
Dès que j'ai su lire, j'ai su que j'allais écrire. Et comme le premier poème traitait d'un papillon qui vole (faut dire qu'avant, il y avait eu Prévert, Ferré, Montand...) j'ai déclaré solennellement que je ne serai plus peintre, ni pilote, ni danseuse étoile, ni confiseuse, mais écrivain. La scène se passait à Paris, évidemment, sur un balcon d'un mètre carré surplombant les paulownias de l'avenue Carnot, elle-même coincée entre deux méga librairies et le cinéma le Petit Obligado, et ce, dans la clameur des klaxons. J'avais six ans, et le théâtre j'en avais seulement entendu parler. Cependant, je le vivais chaque jour. Au cours des répétitions familiales dans la cuisine, pas seulement guidées par la scolarité mais bien par le plaisir, et toutes travaillées avec les Classiques mauves tachés d'encre. Les rôles qui m'étaient dévolus, hélas - on trouvait que j'ânonnais encore un peu et que le plus court serait le mieux - c'était toujours Bélise, ou Cléone quand elle dit :"Madame, le voici", ou encore la jeune Henriette ; mais son indécision m'horripilait à la jeune Henriette, et je rongeais mon frein en guignant les Dorine, les Harpagon, les Phèdre, les Rodrigue, et le vieil Horace, réservés au génie maternel. Terrifiant, quand elle brandissait l'épluche patate en laissant tomber: "Qu'il mourût ! "
Ensuite, il y a eu les marronniers en fleurs de la cour du lycée.
Puis, les temps de jeunesse où l'on évoque encore souvent ses parfums, même si l'on a la tête ailleurs. Et je l'avais, puisque j'aimais dire alors que si j'avais à écrire ma notice nécrologique, après les deux points qui suivent le nom, j'aurais ajouté : "a lu Proust". Et que la formule aurait parfaitement résumé la situation.
Bien sûr, il n'y a pas eu que Proust. Mais le questionnaire porte sur la formation. Donc, l'American litterature, notamment les cours habités et magiques de Viola Sachs à Paris VIII, tous hantés par la Baleine Blanche.
Les voyages, tous les voyages, l'Asie. La photo (mais face à l'objectif), et forcément, une kyrielle de jobs, de l'enseignement (français, classe de seconde, et littérature) à la vente de collections rares, de la mode à la pub, de la rédaction d'outils pédagogiques à celles d'articles, ceci, en fait, "parallèle à l'écriture", n'en était que les prémices, l'emmagasinage nécessaire.
Enfin, entre le papillon et Lethal romance, l'eau a coulé sous les ponts, Seine, aux couleurs de Danube, entre Orient et Occident, fleuve débondé, jugulé, intarissable (celui de Panaît Istrati, à qui Romain Rolland intima "écrivez !" ce qui déclencha l'oeuvre de l'auteur roumain).
Et côté planches, Miller, Beckett, Bernhardt et le sublime Tennessee ont charrié leurs réserves. Aussi, Duras et Cocteau, et Shakespeare évidemment. Et le premier texte accompli fût une pièce, Chambre noire.
Quoi d'autre ? Tant d'images et de musiques s'incorporent à la combinaison qu'il faut faire un tri. En 1, on mettra les enfants. Il y a toujours les enfants. En 2 on mettra une solitude "qui n'est pas malheureuse" mais nécessaire, et en 3 on dira qu'un jour, voilà 11 ans, je me suis mise à écrire et qu'il a fallu attendre 5 ans les premières publications, qu'aujourd'hui, il y en a 15, pièces et romans, et que c'est toujours une aventure d'écrire. L'émotion vient toujours à corriger le paquet d'épreuves, et à écouter, ou assister, guider la naissance des mots en bouche, et enfin que le mieux me paraît toujours à venir, qu'il n'y a jamais de bouclage, mais toujours un chantier, puis un autre.

 

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Procès-verbal (2000 - 2001) ++
Mozart a disparu (1997) ++
Les Astuces de Guenièvre (1997) ++
La Grande Nuit (1996) ++
Lethal Romance ou Mortelle rap-sodie (1995) ++
Matèré (1990) ++
Chambre noire (1988 - 1989) ++
 

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