L'enfant (Drame rural)
de : Carole THIBAUT   
 
(En 2009, j'ai été invitée en résidence d’écriture pour trois mois, en tant qu’auteure associée à la 6e édition du festival Textes en l’air, consacré aux écritures contemporaines, dans le village médiéval de Saint-Antoine l’Abbaye (Isère).
La première période de cette résidence a été consacrée à un travail de collectage de paroles de femmes par le biais d'un bureau d'écrivaine publique que j'avais ouvert dans l'ancien bureau de poste du village, et des rencontres dans toute la région. Un premier texte, Les Eroïques, est né à la fin de cette période de travail. J'y ai réuni et mis en forme les paroles et témoignages collectés tout au long de ces deux mois, afin de les faire entendre, à l'occasion du festival, dans une mise en espace portée par des habitantes et des comédiennes professionnelles.
Durant la seconde période de la résidence, et après un mois d'une nécessaire mise à distance, j'ai commencé l'écriture de l'enfant, création originale cette fois, imprégnée par la traversée de ces histoires réelles et de ce territoire, mais débarrassée de toute notion documentaire, de "devoir" rendre la parole, de "devoir" porter témoignage, pour revenir aux échos les plus intimes en moi de ces histoires recueillies, pour laisser mon imaginaire, mes vagabondages mentaux, mes émotions, mes propres nécessités donc, se réapproprier cette expérience, quitte à trahir, tordre et distordre toutes ces histoires entendues.
C'est ainsi que L’enfant – drame rural a commencé à se dessiner. J'en ai achevé l’écriture un an plus tard.)
Texte écrit en : 2009 - 2010
 
Résumé :

Il est question d’une petite communauté humaine ordinaire dans un village du sud de la France.
Il est question d'un nouveau né trouvé sur le seuil d'une maison.
Il est question d’un été trop chaud, sec, irrespirable.
Il est question d’un homme qui finit par brûler ses livres.
Il est question d’un homme qui n’aime plus sa femme et ne veut pas se l’avouer.
Il est question de chasseurs en mal de chasse, qui partent à la chasse à la femme et à l‘enfant.
Il est question d’une femme qui berce son vide d’enfant comme elle le ferait d’un enfant vivant.
Il est question d’une idiote à qui on a retiré son nouveau né et qui en vole un.
Il est question d'une mère qui aime trop son vieux fils et pas assez sa vieille fille.
Il est question d'une vieille intellectuelle de droite qui trompe son ennui avec de jeunes maçons de gauche.
Il est question d’un village en flammes.

Premier volet d’un triptyque:

L'enfant – drame rural est le premier volet d’un triptyque en cours, intitulé Les communautés territoires, qui comportera également L’île - drame insulaire  et Cités - tragédie urbaine
Les trois pièces de ce triptyque naissent chacune de la traversée intime de territoires spécifiques. Ces trois territoires sont l'île d'Ouessant (sur laquelle j'ai vécu un mois durant l'hiver 2006 à l'invitation du Théâtre de la Tête Noire dans le cadre de "Partir en écriture"), les quartiers/cités de la banlieue nord de Paris et plus précisément l'est du Val d'Oise (Garges, Sarcelles, Villiers, Fosses,…,) que je connais bien pour y travailler depuis dix ans, et enfin le village de Saint Antoine L'Abbaye. Ces territoires, si différents, voire opposés, qu'ils soient, génèrent, de la même manière, des communautés humaines isolées, vivant repliées sur elles-mêmes, avec leurs propres codes, rites et histoires. J'ai eu envie d'interroger ces microcosmes, les possibles déviances et dérives de ces concentrés d'histoires humaines, et de les mettre en écho dans le cadre de ce triptyque.


Le village dans lequel je situe l’intrigue est figé dans son histoire et dans une forme d'immobilisme. C'est une communauté d’où les enfants sont absents (ils ne réapparaitront qu'à la fin, jouant dans les ruines du village calciné). L’apparition d’un nourrisson trouvé sur le seuil d’une ferme (et dont on ne sait ni d’où il vient, ni de qui il est) va bousculer la vie quotidienne du village et agir sur chacun et chacune comme un révélateur. Il ne se trouvera personne dans tout le village qui accepte de s’occuper de l’enfant, ne serait-ce que quelques jours… Au milieu de la suspicion, des rumeurs, de la résurgence du passé, le nouveau-né va passer alors de mains en mains, avant de revenir à celle
qui l’avait trouvé initialement, l’idiote du village. Celle-ci finit par s'enfuir dans les bois, emportant l'enfant avec elle, et poursuivie par tout le village. C'est là qu'aura lieu, en haut de la colline, à l'ombre des rochers qui surplombent le village, la faute, le crime transgressif, qui condamnera, par ricochets, le village tout entier à la destruction.
Si la fin fait référence à l'épisode de Sodome dans la bible et le coran, elle s'inspire de l'interprétation et la traduction qui met en cause, non pas, comme l'accrédite la thèse la plus répandue, l'homosexualité à laquelle se seraient livrés les habitants, mais le manquement aux règles de l'hospitalité et à l'accueil du à l'étranger.

 

 
Personnage(s) : 13
7 femme(s)
6 homme(s)
Interprète(s) total : 13
Interprète(s) total minimum : 8
Interprète(s) total maximum : 13
Interprète(s) masculin(s) : 6
Interprète(s) feminin(s) : 7
Interprète(s) feminin(s) minimum : 4
Interprète(s) masculins(s) minimum : 4
Interprète(s) feminin(s) maximum : 7)
Interprète(s) masculins(s) maximum : 6
 

 
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