Anna et Gramsci
de : Bernard NOËL   
 
(Adaptation de Bernard Noël et Charles Tordjman)
La langue d'Anna, Ed. P.O.L, 1998 et du Syndrome de Gramsci, Ed. P.O.L, 1994
Texte écrit en : 2006
 
Résumé :

C'est la nuit. Une carrière abandonnée ? Une faille ? L'entrée d'une grotte ? Un homme parle à une femme. Elle n'est pas là et pourtant il lui parle. Un aphasique ? Un spectre ? Cet homme, au bord du vide, nous entraîne dans un abîme. « J'ai interrogé ce trou, comme on approche sa langue d'une dent malade et je n'ai réussi qu'à tituber au fond d'un cratère d'autant plus dangereux qu'il n'était pas éruptif mais implosif ». Une fois, il a oublié, dans une discussion, le nom de Gramsci, un vieux compagnon, pourtant, un « nom depuis toujours fraternel ».
Dans cette nuit fragmentée une femme apparaît, soeur d'errance qu'il ne verra jamais. Ces deux là ne font que se croiser. « J'attends le face à face qui va tout révéler, mais il ne vient qu'un coup de vent  un coup de vent en tête pareil à celui qui, sur la scène, emporte tout à coup la mémoire. »
Anna, ou plutôt « celle qui évoque Anna », est comme une incarnation au sens propre d'une langue dans une bouche noire. « Oui, il arrive que je m'entrevoie penchée au bord de ma bouche ».
Elle n'est pas davantage Anna Magnani que celui qui a perdu puis retrouvé (tout en se perdant) le nom de Gramsci n'est Gramsci. Evocateurs, invoca(c)teurs aussi.
La langue, toujours la langue... Et des dents : ils se croisent et elle parle après lui.
François Rodinson
(Extraits La Langue d'Anna, Le Syndrome de Gramsci et de Bernard Noël ou l'éclaircie, entretiens avec Jacques Ancet.)

 
Personnage(s) : 2
1 femme(s)
1 homme(s)
 
Editions :
P.O.L (1994)
P.O.L (1998)
 
Création(s) :
— Charles Tordjman - Lieu : Théâtre national de Chaillot Paris / Année : 2006 /
 

 
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